Le domaine

Découvrez le Domaine Marcel Deiss, un domaine à part en Alsace

Une histoire de famille

Situé à Bergheim à côté de Ribeauvillé, au cœur du secteur des grands crus, le domaine Marcel Deiss a été fondé en 1947. Les Deiss sont une longue lignée de vignerons, ferronniers et fondeurs de cloches, installée en Alsace après la guerre de Trente ans et le rattachement de la Province à la France. Actuellement géré par Mathieu Deiss aidé par son père Jean-Michel, le domaine a été de tous les combats pour une production plus qualitative, assise sur le terroir plutôt que sur le cépage cloné, l’inclinaison à la Biodynamie, les rendements très bas, l’agroforesterie et la biodynamie.

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Qui sommes-nous?

Le Domaine Marcel Deiss a choisi il y a plus de 40 ans de consacrer ses efforts à l’émergence d’une viticulture de Lieu en Alsace alors que le cépage était perçu à cette époque comme une modernité absolue. Pourquoi avoir fait ce choix à contre-courant ? Et qu’est-ce qu’un Haut-lieu viticole que l’on appelle aussi Terroir ? C’est un concept profondément français ,subtil comme savent l’être notre philosophie et notre langue. Un concept multifactoriel, très complexe, fait d’ interactions fines entre le lieu lui-même, dans ses caractéristiques physiques et métaphysiques ; les pratiques du vigneron, ses rêves et ses fantasmes , sa personnalité. C’est par essence un objet en mouvement, un work in progress jamais fini, toujours réinventé mais pourtant totalement fonctionnel . Prégnant pour celui qui plante la vigne, celui qui la conduit, incontournable pour celui qui vinifie, central enfin pour celui qui déguste. Le vigneron de Terroir adapte sa démarche aux caractéristiques naturalistes du lieu (géologie, pédagogie, climatologie, ensoleillement, réserve en eau, etc..). Il place la vigne par des choix drastiques de densité de plantation, de taille courte et de conduite au cours de l’année viticole dans l’impossibilité d’exprimer sa vigueur de liane, sa propension à produire trop jusqu’à s’épuiser. Cette posture malthusienne, issue du bon sens paysan et de la règle cistercienne médiévale, a été profondément incomprise par l’agronomie moderne et beaucoup de nos contemporains .Pour l’agronomie « industrielle » il était central d’apporter aux plantes tout ce qui leur manque pour les amener à produire en abondance, en considérant le sol comme un simple support et la récolte comme un simulacre quantitatif . C’est ainsi que peu à peu les blés ont donné des farines non panifiables ! C’est ainsi que dans le Vin le Terroir, cette idée que c’est par le dépassement des contraintes que la plante atteint et donne le meilleur , a disparu peu a peu , sous les rendements pléthoriques de jeunes vignes hyper concurrentielles mais déjà trop vieilles pour descendre vraiment en profondeur. Il suffit d’avoir labouré une fois une vigne désherbée depuis sa plantation pour comprendre ceci. C’est ainsi aussi que la langue du vin a été envahie des mots du cépage, des termes aromatiques parlant d’hyperboles carbonées ; sans que subsiste même un mot pour la structure, la longueur, l’épaisseur, le toucher de bouche du corps du vin: en fait son énergie vitale. C’est à tout ce système de fausses performances, auquel nous avons renoncé il y a quarante ans pour ne plus rêver que de vieilles vignes profondes, des raisins rayonnants et nourriciers, des vins longs à se faire, où le nez prépare seulement et met en perspective la bouche ,donne du sens au moment de la dégustation, moment rare d’échange énergétique qui fabrique le souvenir. Voilà notre rêve du Terroir ! C’est le trajet d’une vie, sans doute pas la route la plus facile pour les succès, l’argent facile, la reconnaissance médiatique mais plutôt la posture de l’artisan, fier et parfois ombrageux devant son travail. N’ayant comme seule ambition, mais elle est immense, que d’entretenir chaque jour cette simple couche de complexité et d’humanité qu’on appelle la civilisation.

Le rêve du Terroir

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GC Mambourg panorama

Une mosaique de terroirs

Diversité des "Climats" géologiques

Le Vignoble du champ de failles de Ribeauvillé (18 Ha)

Situé sur les divers coteaux des communes de Rorschwihr, Bergheim, Ribeauvillé, Zellenberg, Riquewihr et Sigolsheim, c’est le vignoble le plus important et le plus diversifié du Domaine. Un vignoble, fascinant par sa complexité et donc ses possibilités viniques, qui ne peut se réduire à un seul type de vin. Au contraire, il propose la plus belle collection de Grands Crus d’Alsace (13 Grands Crus célèbres) et toute une série de Premiers Crus à très forte personnalité. Ici chacun de ces terroirs a une caractéristique essentielle : profondément faillé, il permet une prospection profonde de la vigne (30 à 40 mètres de profondeur sont communs) et lui autorise un apprentissage de la profondeur, une culturation par le Fond. Ce réseau de différences, voire de contradictions, illustre magnifiquement la singularité de l’Alsace : notre région est riche surtout de ses différences !

La topographie

Cette topographie originale crée, par ses effets de vallées, par ses couloirs de vents, par la présence des torrents vosgiens, une multitude de microclimats très particuliers. Ainsi, y a-t-il une différence de précocité de plus de 30 jours entre l’Altenberg de Bergheim et le Mambourg pourtant distants de 12 km seulement.

Le Climat

Le climat du vignoble alsacien est très spécifique et caractérisé par une influence continentale très forte. Ainsi, les saisons sont marquées : hiver rigoureux suivi d’un printemps parfois pluvieux, fortes chaleurs de juin à août entrecoupées d’orages parfois violents, automne superbe mêlant la fraîcheur nocturne, la rosée et le brouillard matinal à un beau soleil l’après-midi. Les vendanges tardives sont retardées jusqu’aux premiers froids, fin octobre. Les principaux cépages alsaciens sont bien adaptés à ce type de climat : bonne résistance au gel l’hiver (Riesling), besoin en eau modeste en été (il ne faut pas oublier que Colmar est, avec 550 mm d’eau par an, une des villes les plus sèches de France), besoins thermiques importants en fin de cycle pendant la maturation, la nécessité de différentiel thermique entre jour et nuit, une maturation lente et tardive adaptée à la Pourriture Noble.

Le « terroir » est une cave obscure dont la porte d’entrée est la maturité physiologique du pépin.

La dégustation Géo-Sensorielle

Clé de lecture du Terroir

La dégustation géo‐sensorielle va permettre, par l'observation de la salivation en bouche, ce «réveil du terroir», cette expression tactile du Lieu, à la condition expresse que le fruit ait été cueilli à pleine maturité physiologique. Chacun de nous peut facilement dès lors, grâce au verre noir ou dans la semi-obscurité, et avec un entrainement minimal, redécouvrir et nommer ce toucher de bouche original du vin, exprimer sa texture plutôt que ses arômes et décrire les proportions, l’épaisseur et l’état de surface du vin souvent très proche du toucher du sol et de l’ambiance du Lieu, faire la différence entre verticalité cristalline et horizontalité sédimentaire, luminosité des calcaires, épaisseur sombre et froide des argiles. Cet apprentissage pour lequel chacun de nous est équipé de façon innée va permettre d’authentifier les terroirs comme l’ont fait pendant des siècles les Gourmets et accéder enfin au style du vigneron compris comme un apport léger ou très fort, harmonique ou contradictoire à l’empreinte du Terroir.

Dégustation géo-sensorielle