La Biodynamie

Un monde dont la plante est le centre, qui unit par le nom, la terre et le ciel

La quête du Terroir

Pour qu'un Terroir s’exprime pleinement, totalement dans le vin, passant outre même parfois les attentes  du vigneron, il importe que les ressorts intimes qui lient pour chaque lieu, le sous-sol, le sol, le ciel, les plantes et le paysan soient libérés des causalités techniques simplistes, des conformismes routiniers et par-dessus tout des classifications caricaturales des Lumières.

 

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La Biodynamie

Trouver sa place dans le Grand Tout

C’est ce que se propose de réussir le point de vue biodynamique, qui s’adresse non aux choses visibles, concrètes et tangibles mais plutôt à l’arrière plan invisible qui les accompagnent: ce qui lie l’infiniment petit au cosmos tout entier. Ce monde invisible qui pourtant agit sur nous, nos humeur, nos joies et nos craintes, agit sur la terre, le sol, les plantes et les animaux, et ne peut être atteint que par l’intention pure. C’est grâce aux préparats  biodynamiques et plus que tout à l’envie prégnante de les mettre en œuvre, que nous atteignons ce monde parallèle et trouvons, après avoir renoncé à la domination technologique sur la Nature, notre place légitime de paysan dans la création agricole. L’envie de trouver sa place, rien que sa petite place dans le grand tout, est la posture naturelle du paysan, qui vit un temps long, la chaîne des générations qui façonne le paysage et en même temps la finitude de toute condition humaine.

 

 

La biodiversité au cœur du modèle du vivant

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La démarche biodynamique vers une viticulture du Vivant

Pour une Nature souveraine

Si la biodynamie se propose de s’adresser aux énergies intimes des choses, elle ne peut réussir à agir sur la nature qu’à la condition évidente d’avoir renoncé préalablement à l’ensemble du corpus agronomique du XXe siècle, construit sur l’idée grotesque de domination de l’homme sur la nature. Considérer le sol comme un simple support, apporter engrais et désherbants, utiliser la phytopharmacie de synthèse, viser des rendements pléthorique impacte gravement la durabilité du vignoble, utiliser un machinisme de plus en plus sophistiqué, tout ceci est incompatible avec l’expression du terroir et l’honneur de Vigneron. Nous devons tout au contraire retrouver la posture du paysan humble, économe de ses faibles forces, observer infatigablement les rythmes naturels, connecté à son environnement proche et lointain, trouvant localement compost, tisanes, et posture bienveillante qui permette à l’environnement de donner sans rupture des équilibres, une récolte légitime, juste est soutenable, une récolte de haute valeur énergétique. C’est à l'intention d’une véritable viticulture du vivant que nous travaillons, une viticulture qui aurait perdu sa dimension prédatrice d’exploitation agricole, qui aurait perdu sa radicalité de monoculture absolue et viserait désormais une triple bienveillance : à l’égard de la nature souveraine, à l’égard du vin lui-même, à l’égard du client enfin.

Cette viticulture du vivant, nous la préparons depuis notre première certification bio il y a plus de 25 ans, et chaque jour, chaque millésime nous avançons dans cette voie. Il est clair que la crise covid 19 accélère cette démarche. Demain nous n’interviendront plus que marginalement avec peu de passages dans la parcelle, une économie de chaque intrant, remplacée par la présence de vigneron. Nous avons depuis 2020 attribué à chaque membre de l’équipe un ensemble de parcelles à tailler, ébourgeonner, palisser, entretenir: en un mot servir!

 

Grand Cru Altenberg de Bergheim; Agroforesterie

La biodiversité et l'Agroforesterie

Les arbres, les oiseaux et le biotope

Ce projet de service des lieux et des vignobles ne peut se concevoir sans une entière attention au sol et au paysage. Car il souhaite avant tout restaurer des relations très secrètes qui lient tous les acteurs du sol: c’est la formidable aventure des mycorhizes, ces symbioses bienveillantes où chacun apporte son écot en échange d’un équilibre, d’une protection, d’une relation. C’est ainsi que peu à peu sont venus s’imposer dans nos technologies quotidiennes les semis directs de semences variées, mellifères et fleuries, pour diversifier les flores, restaurer la structure des sols et la fertilité intrinsèque des terroirs (utilisation de légumineuses), le recours mesuré au labour conçu seulement comme une préparation au semis de sols se salissant peu naturellement, l’agroforesterie enfin. Ainsi nous avons pris l’habitude de planter des arbres fruitiers (rosacées) dans nos parcelles, parce qu’ils offrent ombre bienveillante, nichoirs pour les oiseaux, et avant tout qu’il partagent leurs mycorhizes avec la vigne, la rendant plus rustique et moins sensible aux maladies viticoles: une vigne arborée voit sa pression parasitaire, et donc la nécessité de traiter au quotidien, être divisée par deux en moyenne. C’est ainsi que même dans un millésime très arrosé comme 2016, nous n’avons jamais dépassé 1 kg de cuivre métal par hectare, 700 g annuel étant notre norme annuelle sur le long terme: une dose bien inférieure à ce qu’un sol vivant peut mobiliser sans souci chaque année, sans voir un reliquat s'accumuler comme une menace pour le futur. Enfin comment concevoir un vin vivant, nourricier et bienveillant à partir d’un paysage vide, sans arbre, sans oiseaux et sans abeilles, sans histoire et sans paysans finalement? Nous travaillons chaque jour pour donner l'exemple d’une viticulture respectueuse, recherchant en son sein, au pied des vignes elles mêmes, les ressources, plantes, humus, tisane qui permettent de mettre en œuvre le grand dessein du XXIe siècle, dessein que nous rappelle la venue du covid-19 : remettre la durabilité au cœur de nos relations avec l’environnement.

Entre Ciel et Terre

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La Biodynamie dans les faits

La Biodynamie est le moyen le plus respectueux envers la nature, qui nous permet d’exprimer chacun de nos terroirs, avec une originalité profonde. Elle met en œuvre le travail racinaire de la plante, dans un environnement exempt de produits de synthèses. Elle repose sur les points suivants :

A la vigne :

- Respect des cycles astronomiques

- Mise en œuvre des préparats biodynamiques

- Exclusion des désherbants, par un travail du sol, qui permet également une bonne colonisation du sol par les racines, et donc une pleine expression du terroir

- L’apport exclusif de compost soutenant la vie microbienne du sol, car les engrais de synthèse désorganisent le sol et apportent une croissance exagérée de la vigne

- Utilisation exclusive de produits naturels (ortie, prèle, soufre, …) pour lutter contre les maladies, et donc exclusion totale des produits de synthèses hautement toxiques pour l’environnement (nappe phréatique, faune et flore périphérique) mais que l’on retrouve également dans les raisins et le vin

- Utilisation de sélections massales et de cépages complantés pour respecter la biodiversité

- Favorisation du développement de la faune et de la fore auxiliaire par le rétablissement des haies, des fruitiers et de nids d’insectes ou de mammifères dans le vignoble.

- Débouche sur une certification AB et Demeter

Dans la cave :

- Pas d’utilisation de levures de synthèse mais seulement les levures naturelles de chaque raisin et de chaque vignoble.

- Respect du procès naturel de fermentation : pas d’ajout de correcteurs de carence azotée, pas d’ajout de bactéries, ni d’enzymes ; pas d’additifs aromatiques

- Pas de chaptalisation ni d’acidification ni de désacidification

-Pas d’ajout de gomme arabique

Le résultat est un vin original, reflet des caractéristiques profondes du terroir dont il est issu, et dont les vertus pour le corps sont celles liées à un raisin sain.